Personne ne se résume
à une case.
Et pourtant, nous finissons parfois par le croire.
Nous nous racontons parfois à travers…
Un métier.
Une blessure.
Une maladie.
Une peur.
Une erreur.
C'est souvent là que naît le besoin d'un autre regard.
Pendant longtemps, j'ai cru que ce sont les événements qui transforment une vie. Aujourd'hui, je crois surtout que nous ne sommes jamais uniquement façonnés par ce qui nous arrive.
Parce qu'un regard peut enfermer.
Et un autre peut ouvrir un chemin.
Je crois que cette conviction m'accompagne depuis bien plus longtemps que je ne l'imaginais.
Pendant près de vingt-cinq ans, j'ai été gendarme.
Si je le partage aujourd'hui, ce n'est pas parce que cet ancien métier me définit. Pas plus que ce que vous vivez aujourd'hui ne vous définit.
En revanche, il a profondément façonné le regard que je porte sur les autres.
J'y ai appris à écouter avant d'interpréter.
À observer avant de conclure.
À rester présente sans projeter ma propre histoire sur celle de l'autre.
À ne jamais oublier qu'un être humain ne se résume pas au moment où je le rencontre.
Puis mon parcours a pris une autre direction. Un nouveau métier. De nouvelles responsabilités.
Je pensais simplement ouvrir un nouveau chapitre de ma vie professionnelle. En réalité, j'allais découvrir que prendre soin des autres ne suffit pas toujours à rester en équilibre soi-même.
Je m'y suis investie comme dans tout ce qui compte pour moi : pleinement.
J'aimais construire.
Fédérer.
Voir une équipe grandir.
Être présente quand les décisions étaient difficiles.
Quand les tensions apparaissaient.
Quand il fallait tenir le cap.
Plus les responsabilités grandissaient, plus je m'investissais. C'était naturel pour moi.
J'aimais être présente.
Soutenir.
Chercher des solutions.
Donner le meilleur.
Ce que j'avais observé pendant toutes ces années, au contact de tant de personnes, a pris un autre sens.
Des drames. Des erreurs. Des proches perdus. Des vies qui basculaient.
Mais aussi des envies qui revenaient. Des liens qui se recréaient. Des personnes qui changeaient de direction, retrouvaient un élan, se découvraient autrement.
Et c'est peut-être cela qui m'interrogeait le plus : tout ce qui pouvait encore devenir possible, même lorsqu'on ne le voyait pas encore.
Je ne cherchais pas une méthode. Je cherchais à comprendre.
À partir de là, j'ai exploré des approches très différentes. Le magnétisme et le Reiki m'ont conduite vers le corps et l'énergie. L'hypnose et la PNL m'ont amenée à travailler davantage avec les émotions et les représentations. D'autres approches encore m'ont menée vers une écoute plus intuitive.
Je me suis également formée à la DMO, une approche par mouvements oculaires utilisée notamment dans l'accompagnement des vécus traumatiques.
Et puis, au fil de ce chemin, j'ai renoué avec quelque chose que je n'étais pas partie chercher.
Une histoire familiale.
Mon arrière-grand-mère était rebouteuse. Mon père, barreur de feu.
Je n'y avais jamais vraiment vu de fil. Je l'ai reconnu bien plus tard.
À force de passer d'un univers à l'autre, j'ai compris qu'aucun ne détenait à lui seul toutes les réponses. Et surtout, que ce que nous ne savons pas encore expliquer peut malgré tout être vécu, ressenti, nous surprendre — et parfois ouvrir des chemins que nous n'aurions pas imaginés.
Peu à peu, les méthodes ont cessé d'être le centre. Ce qui m'intéressait, c'était ce qu'elles pouvaient rendre possible : un apaisement, une perception nouvelle, une émotion qui trouve enfin sa place, une possibilité là où l'on n'en attendait plus.
Les émotions sont devenues l'un des fils essentiels de ma pratique. Pas pour les analyser à tout prix, mais pour leur laisser la place qu'elles demandent.
C'est là qu'une conviction s'est imposée.
Nous ne pouvons pas changer ce qui a été vécu. Mais il arrive qu'un léger déplacement du regard ouvre un espace que l'on ne voyait plus. Une autre façon de regarder son histoire. Une autre façon de se rencontrer soi-même. Et parfois, cela suffit pour que la vie reparte.
Je ne crois pas que nous ayons à devenir quelqu'un d'autre.
Je crois que le vivant possède une étonnante capacité à reprendre son mouvement… lorsque les conditions le permettent.
Je ne cherche pas à révéler aux autres qui ils sont.
Je crée l'espace pour qu'ils puissent se découvrir autrement.
Il reste toujours en nous une part
que l'histoire n'a pas encore racontée.